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G7 music group

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FAIRE CONNAISSANCE AVEC G7 MUSIC :

Entrevue avec Timothy Hagelstein, Président.

 

Quel fut votre parcours jusqu’à la Présidence de G7 Music ?

Après des études moyennes, je me suis surtout très tôt consacré à la musique, chanteur de bal juste avant mon service militaire à la Force Navale Belge (sur le ZINNIA), batteur ensuite, accompagnateur d’artistes de variétés, je vivotais en faisant de la musique et de petits boulots (postier, vendeurs de livres, manœuvre dans un centre logistique, assureur, vendeur de cours par correspondance, gérant de brasserie, serveur etc.) jusqu’au jour où je rencontre un assistant programmateur de la RTBF qui m’encourage et me présente à des professionnels et là, après avoir fait un petit disque sans succès, j’ai la chance de faire un gros succès MONA LISA (1975) qui s’est vendu au total à plus de 900.000 exemplaires.

J’ai alors pas mal enregistré, j’ai très vite quitté mon producteur de l’époque qui me truandait et je me suis débrouillé plus ou moins seul, j’ai pu compter sur un manager qui m’a solidement aidé, Stany Cuvellier et je me suis installé au Portugal où je vendais énormément de disques (aujourd’hui je suis proche des 6 millions vendus à partir de ce pays). J’ai alors pu vivre de mon métier d’artiste, tournées, spectacles, concerts partout dans le monde (la Communauté Portugaise est importante dans de nombreux pays), j’ai pu visiter Israël, le Brésil, le Cap Vert, les USA, les Açores, Madeira et bien d’autres pays, à Lisbonne j’ai pu me réaliser, j’ai fait de la radio, des apparitions comme comédien pour des publicités, j’ai découvert Fernando Pessoa, le poète maudit qui a durablement marqué ma façon de vivre, enfin ce pays m’a donné tout ce que me refusait à l’époque, le mien.

Mais toute bonne chose a une fin, je sentais que mes disques se vendaient de moins en moins, que je n’avais plus le feu sacré pour la scène et je me suis vite dit qu’il me fallait préparer ma reconversion, le mieux dans la musique si possible et là a surgit une belle opportunité, travailler comme Directeur Artistique dans une des plus anciennes maisons d’édition et production de Belgique. HEBRA. Enfin lorsque je dis Directeur Artistique, en fait j’étais tout en même temps, secrétaire, producteur, éditeur, magasinier, téléphoniste, mal rémunéré…. Mais j’apprenais un métier, celui d’éditeur et accessoirement de producteur. Je suis resté quatre ans dans cette société avant de monter ma propre maison d’éditions à Bruxelles grâce aux droits d’auteurs que m’avait versé la Société Portugaise des Auteurs pour un titre compilé sur l’album de la Lambada et qui s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires, j’ étais le co - compositeur.

J’ai alors en 1990 créé Caracol Music, pour les éditions de librairie Musicale, G7 Music pour les catalogues annexes et K par k Editions pour ma propre production. Aujourd’hui tout est regroupé dans G7 Music. Au début j’ai là aussi exercé toutes les fonctions, y compris « homme de charge » afin de m’en sortir, c’est une belle leçon de vie.

Très rapidement grâce aux catalogues Koka Media et Kosinus et surtout de la confiance que m’a accordé à cette époque Frédéric Leibovitz et son associé Jean Michel Gallois-Montbrun, Caracol Music est devenue incontournable sur le marché belge de la Music Library (musiques d’illustrations destinées au cinéma, à la publicité, au secteur audiovisuel dans son ensemble). Aujourd’hui c’est Universal dirigé en France par Pierre Michel Levallois et Gary Gross aux USA qui me fait confiance en me confiant la gestion du catalogue Kosinus (Kapagama éditions).

Je gère donc G7 Music Group où certaines activités se côtoient.

  

Quelles activités ?

Par exemple la gestion de catalogues dit traditionnels, parmi les plus qualitatifs du secteur comme Kosinus, Axs Music, aussi l’administration d’œuvres pour des artistes en besoin de faire valoir leurs droits, le contrôle et la collecte pour des labels et producteurs indépendants de leurs droits voisins (droits du propriétaire d’une production – ce qui est différent du droit d’auteur – il s’agit d’un droit connexe). Cela demande un contrôle au quotidien et un travail administratif assez conséquent.

Egalement la production sur mesure de génériques pour la télévision, pour le cinéma, pour la publicité, la recherche pour des producteurs et via nos catalogues de musiques pour illustrer leurs films ou documentaires.

Vous composez toujours ?

C’était devenu plus rare mais tout à coup, je me suis repris au jeu et je continue à travailler et composer et surtout diriger des séances et des compositeurs pour obtenir le meilleur résultat possible.

Et votre séjour à la Sabam (Société des auteurs et compositeurs belges) comment est-ce arrivé ?

Très vite je me spécialisé dans le droit d’auteur, j’ai donc régulièrement assisté à des réunions formelles ou informelles à la Sabam et j’y ai été remarqué par certains, Paul Louka qui était l’administrateur délégué à cette époque m’a proposé d’intégrer des groupes de travail, j’ai été nommé dans différentes Commissions de la Sabam, j’ai Présidé la Commission des Editeurs et finalement je me suis présenté aux élections pour le Conseil d’Administration où j’ai été élu trois fois, d’abord deux ans comme membre du Collège musique et ensuite pour deux mandats comme Administrateur, j’ai été secrétaire du Conseil et finalement Vice-Président.

Pourquoi avoir quitté la Sabam ?

Je pense qu’un moment il faut faire de la place au sang neuf, éviter d’atteindre son niveau d’incompétence (principe de Peter), je pense avoir fait un bon travail pendant ces années et avoir participé un peu à l’amélioration du fonctionnement de la Société, l’administration en place sous la Direction de Christophe Depreter fait du bon travail, il faut savoir se retirer et laisser de nouvelles idées voir le jour. Je suis fier d’avoir intégré cette société souvent décriée injustement et surtout par des gens qui ne comprennent rien au droit d’auteur, je sais que de nombreux artistes sont heureux des droits que leur verse la Sabam, nulle société n’est parfaite, il y a toujours moyen de faire mieux mais pour avoir pu me rendre compte dans les réunions internationales auxquelles j’ai participé ou des échos que je reçois de membres d’autres sociétés, que la Sabam ne fait pas partie des plus mauvaises surprises.

Quels autres secteurs avez-vous également explorés ?

La production conventionnelle, j’ai pu éditer et produire tous les disques du groupe ABBEY ROAD considéré un temps comme le meilleur cover-groupe des Beatles. J’ai produit aussi KHEOPS, un concept spécial dont les ventes en Asie furent exceptionnelles, le nouvel album "SUN PROJECT" est sorti en 2016, et, ma principale fierté la production du guitariste de Fados SIDONIO PEREIRA avec qui j’ai enregistré sept album et noué une amitié longue de 30 ans avant qu’il ne nous quitte en mars 2014.

Quels sont les images que vous gardez de votre métier ? Positives comme négatives ?

D’abord j’ai toujours exercé ce métier avec passion, comme je le faisais pour la chanson et la composition et aujourd’hui la peinture, on ne peut rien faire sans passion sinon cela se ressent, je me dis souvent lorsque je rentre dans un magasin et que l’employé fait la gueule qu’il ne doit pas être heureux de faire son métier, c’est valable pour tous les métiers, sinon il le ferait avec passion et sourire et bonheur. Ensuite, les voyages que j’ai pu faire grâce à ce métier, presque le tour du monde, les gens rencontrés, l’enrichissement personnel de tout ce que représente le fait de découvrir d’autres cultures, d’autres mœurs. Je reste un grand passionné pour l’édition et la production, ma vie de ce côté professionnel est une réussite, l’aspect négatif est que toujours on prend, lorsqu’on a des passions, sur sa vie privée, j’ai raté pas mal de choses sur le plan personnel, je n’ai pas vu grandir mes aînés, je n’étais pas là lorsqu’ils avaient besoin de moi, la peine, même involontaire qu’on inflige à d’autres pour égoïstement continuer à se passionner. Les  « amis » intéressés qui disparaissent dès que le succès s’en va. Je suis parfois aussi déçu de l’attitude de certains artistes ou compositeurs qui lorsqu’ils ont du succès sont convaincus que personne d’autre qu’eux-mêmes en sont responsables mais dès qu’ils n’ont pas de succès c’est toujours la faute aux autres (éditeurs, producteurs), c’est la vie, les égos sont parfois surdimensionnés dans notre métier. L’angoisse avant de monter sur scène, l’incompréhension parfois de petits « caporaux » responsables d’émissions de radio ou de télévision qui vous jettent d’un revers de main après que vous avez sué sang et eau pour réaliser un opus auquel vous croyez, les raisons sont souvent injustes mais bon, c’est ainsi, je n’ai aucun regret, je suis heureux et serein, j’ai trouvé mon équilibre personnel et professionnel.

Vos projets aujourd’hui ?

Je me partage entre ma maison dans le Sud de la France, le Portugal et la Belgique, je travaille avec mes amis musiciens à des projets d’illustrations musicales, la production de la série digitale Historia do Fado, je viens de sortir un nouvel album de chansons inédites qui me ressemblent, LES SENTIMENTS ABSTRAITS qui sort en Belgique, France, Corée du Sud et Portugal pour l'instant, je gère des catalogues d’éditions et je m’occupe de la promotion de Kosinus et Axs en Belgique, le travail pour les labels qui m’ont confié la gestion de leurs droits voisins est assez conséquent et dans mes moments de loisirs je pratique la peinture, la lecture et la marche rapide. Je m’occupe aussi de mon plus jeune fils avec lequel je tente de ne pas commettre les mêmes erreurs de ma jeunesse.  

 

Interview réalisée par  Blandine Marditon pour « Particules du Sud ».